Dernière mise à jour le 8 mars 2023.
Noé Edward Joseph BEAUCHESNE / R.200224
Capreol, Greater Sudbury Municipality, Ontario, Canada
Né ? / † le 27 juin 1989
Fl/Off RCAF, RAF Bomber Command 432 Squadron, mitrailleur dorsal
Atterri dans le département de l'Eure (France)
English Electric Halifax B Mk.III, LW582, QO-M / Pistol Packin' Mama, abattu par un chasseur Ju88 (piloté par l’Oblt. Franz Brinkhaus du 6/NJG-2) dans la nuit du 7 au 8 juin 1944 lors d'une mission sur Achères
Écrasé à Saint-Denis-le-Ferment/Sérifontaine ou à "La Croix Blanche" à Flavacourt tout proche, près de la limite entre l’Oise et l’Eure, au Nord de Gisors.
Durée : 2 mois ½
Camps Marathon : Fréteval
Rapport d’évasion SPG 3321/2096.
Le Halifax décolle à 23h04, heure anglaise, de East Moor et est attaqué par le chasseur allemand. L’appareil en feu est abandonné par l’équipage à hauteur de Saint-Denis-le-Ferment. Un membre de l'équipage, le Sgt Frederick William Layton, RCAF est tué. Le Fl/Off Earl Caruthers Watson, RCAF est fait prisonnier, tandis que le Fl/Off Leo M. O'Grady, le Sgt Walter Edward Dobson et le Fl/Off C. R. Hoffman, RCAF s'évadent tout comme Beauchesne et William Vickerman, tous du même appareil. Watson et Hoffman seront arrêtés par la suite, le second nommé à Paris le 3 août 1944, et tous deux internés au Stalag Luft 3 à Sagan, Pologne, après une détention de près de 4 mois au camp de concentration de Buchenwald.
Le pilote, Vickerman, se brûle au bras droit au moment où, le dernier, il saute de l'avion en feu.
Noé Beauchesne et lui resteront ensemble pendant tout leur périple. Ils passent les premières 48 heures à marcher de nuit et se cacher le jour. La brûlure de Vickerman commençant à s'infecter, ils décident de s'adresser à un fermier qui les reçoit chez lui et leur donne de quoi manger.
Un capitaine de la Résistance les soumet à un interrogatoire serré avant qu'on leur donne des vêtements civils et de faux papiers. Beauchesne y est repris comme étant "Paul Louis Lamarche".
Dissimulés sous des sacs à l'arrière d'un camion conduit par le fermier, ils arrivent d'abord chez un curé de paroisse, puis chez un boucher à Neuville-Bosc (Oise) non loin de là et finalement chez Mme Élisa ROUGEYRON veuve VILLENEUVE, 6 Rue Antonin Georges Belin à Argenteuil, au Nord de Paris. Mme VILLENEUVE les héberge pendant quelques jours dans une petite pièce à l'étage de sa boulangerie et partage ses faibles rations avec eux et Denise, sa fille de 19 ans. Mr et Mme Jean BREDECHE, marchands de charbon au même n°6 de la Rue Antonin Georges Belin auraient également apporté leur aide.
Par la suite, les deux hommes passent d'un hébergement à l'autre pendant plusieurs jours au cours desquels ils parcourent la campagne française.
Une femme belge les guide jusqu'à Paris, d'où ils partent en train le jour suivant à destination du Sud.
Ils arrivent à Étampes et marchent de là jusqu'à Angerville (Essonne) où deux français les prennent en charge.
Jean DARGASSIES a convoyé à pied une vingtaine d'aviateurs, dont Vickerman et Beauchesne, du relais de la Beauceronne de Maurice IMBAULT à Angerville (Essonne) et les conduit à la ferme de Valentin LEROY se trouvant à 1 km au Sud de Voves (Eure-et-Loir) à Sazeray-par-Voves (Eure-et-Loir), en direction de Châteaudun et du camp de Fréteval. DARGASSIÈS confirme que certains de "ses" aviateurs furent arrêtés.
Par étapes ils arrivent finalement au Camp de Fréteval où ils seront libérés par les troupes américaines le 13 août 1944.
Vickerman et Beauchesne rejoignent l'Angleterre par avion le 18 août, atterissant à Northolt le même jour. Dans une interview à un journaliste canadien en mars 1976, Noé Beauchesne relate l’aide apportée par de nombreux citoyens français lors de son évasion et évoque sa visite dans la région de Fréteval l’automne précédent et au cours de laquelle il a pu rencontrer quelques-uns de ses Helpers locaux et certains descendants de ceux qui étaient décédés entretemps.