Aviateurs de l’opération Marathon

Première mise en ligne le 12 octobre 2013.

William KAPLAN / O-693991
Old Nyack Turnpike, Spring Valley, New York, USA
Né le 10 août 1918 / en vie en 2013
USAAF 2nd Lt, 493 Bomb Group / 862 Bomb Squadron, pilote
à 3 km au nord-ouest de Huisseau-sur-Cosson, Loir-et-Cher, France.
B-24-H-15-FO "Liberator" 42-52759, "Big Dealer",abattu par la Flak et des chasseurs allemands lors de la mission du 22 juin 1944 sur des installations ferroviaires à Etampes.
Ecrasé à environ 100 m du Château de Chambord, Loir-et-Cher, France.
Durée : 2 mois.
Libéré en route vers le Camp de Fréteval (Opération Marathon).

Informations complémentaires :

Rapport de perte d’équipage MACR 5937. Rapport d’évasion E&E 1105 disponible en ligne. L’appareil portait le nom de "Lucille" pendant qu’il était assigné au 34 Bomb Group, avant son transfert au 493 Bomb Group le 30 mai 1944.

Après la guerre, William Kaplan a fait changer son nom de famille en Kalan.

L’appareil décolle de Debach vers 16h00 et est touché par la Flak et achevé par des chasseurs vers 18h00. Le pilote Kaplan et son copilote Klemstine restent à bord de l’appareil après que l’ordre ait été donné aux autres de l’évacuer, leur but étant de maintenir l’avion suffisamment sous contrôle de manière, entre autres, à ne pas s’écraser sur le château de Chambord.

Outre William Kaplan (la présente fiche), seuls son copilote le 2nd Lt Kenneth Klemstine et le mitrailleur avant S/Sgt Robert Shockey parviendront à s’évader. Les six autres membres de l’équipage seront faits prisonniers : le bombardier 2nd Lt James Henry Smith, l’opérateur radio T/Sgt Roy Joseph Horrigan, le mitrailleur dorsal S/Sgt Robert F. Sexton, le mitrailleur ventral S/Sgt Stanley Keith Paxton, le mitrailleur droit T/Sgt Frontis W. Evins, et le mitrailleur arrière S/Sgt Charles R. Craig (placé d’abord en hôpital à Vendôme par des Français, pour cause d’appendicite et arrêté ensuite). Il n’y avait pas de navigateur à bord lors de cette mission.

William Kaplan, dont c’était la 4ème mission, atterrit vers 20h00 dans un champ de blé et il est aussitôt entouré de gens, qui le débarrassent de son parachute, de son harnais et de sa Mae West. Parmi la foule se trouvait Christian Couppé, 7 ans, qui, fort marqué par la vision de l’avion en perdition, parvint après la guerre à retrouver la trace du Lt Kalan, qui l’invita aux Etats-Unis et lui offrit un vol à bord d’un B-24 de la Collings Foundation le 25 mai 2008 (voir photos en bas de page).

Kaplan demande aux gens qui l’entourent où il pourrait se cacher et on lui indique un bois, dans lequel il s’abrite. Il peut entendre le bruit des patrouilles allemandes à sa recherche. La nuit tombée, il se cherche un abri plus confortable dans le bois et au matin, vers 09h00, il se réveille. Il grimpe dans un arbre pour surveiller les environs et décide de se diriger vers Huisseau-sur-Cosson, où on lui vient en aide.

Il reste caché pendant huit jours chez André et Yvonne ROUSSAY dans le village avant d’être guidé vers Saint-Claude-de-Diray où on l’héberge également pendant une semaine. Suite aux bavardages d’une voisine, on doit le déplacer, et il retourne à Huisseau. Le lendemain, 9 juillet, on le mène à Montlivault où il rencontre Kenneth Klemstine. Les deux hommes sont hébergés dans cette localité par Madame et Mlle Marie-Thérèse PETIT, qui habitaient la mairie. Klemstine précise dans son rapport que Mme PETIT était institutrice dans le village. Ils y restent jusqu’au 19 juillet et doivent retourner à Huisseau suite à des rumeurs annonçant une descente de la Gestapo. Kaplan mentionne le nom d’Aimé BOUCHER, comme l’ayant aidé à Huisseau, sans préciser s’il s’agit de logement ou de convoyage.

Kaplan et Klemstine restent à Huisseau jusqu’au 23 juillet et ce jour-là, Klemstine est ramené à Montlivault, tandis que Kaplan, suite à une rafle des Allemands dans Huisseau, doit aller se réfugier dans un bois où il passe la nuit. Le 24 juillet, on lui transmet une note de Klemstine lui disant de le rejoindre à Montlivault, ce que Kaplan n’hésite pas à faire. (Le rapport de Klemstine indique que c’est le 18 août, lors de la traversée de la Loire qu’il a été rejoint par Kaplan…) Dans l’Appendix "C" de l’E&E 1105 de Kaplan, il est mentionné que Mr et Mme COSSON ont aidé Kaplan et Klemstine à Montlivault, Mr COSSON s’étant chargé de leur faire traverser la Loire en bateau le 18 août à Montlivault. Klemstine précise qu’une fois de l’autre côté du fleuve, ils ont été pris en charge par des hommes du Maquis (le Maquis de Ménars), placés dans une auto et conduits en direction de Blois. Après environ 4 km de route, ils ont rencontré un camion de soldats US qui les ont menés vers leur campement. La date doit être le 18 août 1944.


William Kaplan sur ses photos pour faux papiers

Dans des articles de journaux américains, William Kaplan, qui toute sa vie était resté discret sur sa guerre, mentionne que Klemstine et lui ont fait un temps des coups de main contre l’armée allemande avec les maquisards de la région de Montlivault.

William Kaplan est interviewé le 19 août 1944 par l’I.S.-9 (2nd Lt Cameron J. LaClair Jr). Rentré par avion en Angleterre le lendemain, il est interrogé le 21 août par le MI-X.


William Kaplan (debout au milieu) entouré de son équipage.

William Kalan (ex Kaplan) est revenu en France en 1999 et a visité le Musée de la Résistance de Blois le 5 septembre 1999 où il a pu voir une pièce de son B-24. Le 4 septembre 2004, lors d’une nouvelle visite, une stèle à la mémoire de l’équipage a été érigée en sa présence dans le parc du Château de Chambord, le long des douves. A cette occasion, il fut fait citoyen d’honneur de la ville de Blois. Voir les photos de Marc Bonas à www.aerosteles.net/fiche.php?code=chambord-liberator&lang=fr

Voici des photos prises aux Etats-Unis le 25 mai 2008 à l’occasion du vol de William Kalan et Christian Couppé, de Blois, dans le B-24 rebaptisé «Witchcraft» :


(photos : « Contra Costa Times » - 26 mai 2008)

Lors d’une cérémonie à Walnut Creek le 29 décembre 2009, William Kalan a été décoré de la Légion d’Honneur par Pierre-François Mourier, Consul Général de France à San Francisco.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters