Aviateurs de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 30 août 2021.

Abraham WISEMAN / O-757861
1388 54th Street, Brooklyn, New York City, USA
Né le 15 juin 1917 à Boston, Massachusetts, USA / † le 15 juillet 1979 à San Diego, Californie, USA
2nd Lt, USAAF 384 Bomber Group 544 Squadron, navigateur
Atterri à 3 km au Sud de Voves, Eure-et-Loir, France.
Boeing B-17G-45-BO Forteresse volante - 42-97188 - SU-A, abattu par des chasseurs et la Flak le 14 juin 1944 lors d'une mission sur l’aérodrome de Coulommiers.
Écrasé dans le hameau de Bisseau, près de Yerville, à 3 km au Sud de Voves, Eure-et-Loir, France (débris éparpillés sur plusieurs kilomètres).
Durée : 2 mois.
Camp Marathon : Fréteval, puis passé en Espagne

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 5800. Rapport d'évasion d'Abraham Wiseman E&E 1193 disponible en ligne.

L'appareil décolle vers 05h00 de Grafton-Underwood. En route vers l'objectif, volant à une altitude de 6000 m, la formation est attaquée par une dizaine de chasseurs allemands. L'aile gauche et un moteur sont en feu et un témoin aperçoit trois hommes sautant en parachute peu avant que le 97188 n'explose en plein vol. Le pilote 2nd Lt Robert D. Summerville avait donné l'ordre de quitter l'appareil, mais lui-même ne parviendra pas à en sortir avant l'explosion. Le copilote 2nd Lt Jean D. Vogt saute, mais son parachute, imbibé d'essence suite à la rupture d'une canalisation de carburant, s'enflammera et il ne survivra pas.

Dans son rapport, le mécanicien Alfred Holt apprit par la suite de Mr "CAUTAT et de Madeleine FLEURY, tous deux de Yerville", que le pilote et le copilote avaient été enterrés à Villeau, à 5 km au sud-ouest de Voves. [La liste des Helpers français reprend Robert CAUDAC, à Voves, dont le co-équipier de Holt, le navigateur Abraham Wiseman dit qu’il les mène chez sa mère à Yerville… Par ailleurs, il n’y a pas trace de "Fleury" dans cette liste dans la région et il se pourrait bien qu’il s’agisse de Mr et Mme Albert et Marie LEROY-DURAND, du 7 Rue du Dr Gabriel Manoury à Voves, qui sont cités comme ayant aidé Holt et Wiseman…]

Un autre homme perdra la vie : le mitrailleur arrière Sgt Thomas James Harris, blessé au genou gauche, qui, amputé, mourra le 16 juin à l'hôpital à Chartres suite au choc et à des hémorragies.

Trois hommes sont fait prisonniers : le bombardier 2nd Lt Ralph E. Eisenach, le mitrailleur ventral Sgt Frank La Rocca et le mitrailleur droit S/Sgt Sylvester J. Marshall.

Outre Abraham Wiseman (qui ne faisait pas partie de l’équipage habituel du Lt Summerville et dont c’était la 4ème mission avec l’escadrille), deux hommes parviendront à s'évader : le mécanicien Sgt Alfred Holt et l'opérateur radio John H. McClanahan Jr. Ce dernier sera arrêté par la suite (National Archives: "14 novembre 1944"?) et interné au Stalag Luft 3 à Sagan, Pologne.

Wiseman saute à 2.900 m et, peu après son atterrissage, est mené vers un champ par de nombreux français qui avaient observé sa chute. Caché là, Wiseman les voit bientôt revenir en compagnie de son co-équipier Alfred Holt. L'un des hommes, "M. CAUDAL" (Robert CAUDAC, à Voves), guide alors Wiseman et Holt vers la maison de sa mère à Yerville. Tout comme Holt, Wiseman mentionne dans son rapport que lors de leur séjour dans cette ville, ils sont également aidés par Madeleine FLEURY et son frère.

Le 17 juin arrive un membre de la Résistance qui mène Wiseman et Holt vers "le camp de LUCIEN" (le camp de Fréteval, à Bellande, dirigé par Adolphe Lucien BOUSSA), près de Châteaudun. De nombreux aviateurs s'y trouvent déjà et d'autres y arrivent bientôt.

Le 29 juillet, probablement suite aux nouvelles du front signalant l'arrivée prochaine des troupes américaines, Wiseman et le T/Sgt George Solomon, enfreignant les consignes, décident de quitter le camp à vélo pour aller à leur rencontre (deux bicyclettes subtilisées, l'une, du camp, l'autre de Gaston HALLOUIN à Busloup, chez qui Boussa avait entretemps installé son QG). Les deux hommes suivent la route N10 en direction de Bordeaux et sont aidés en chemin par diverses personnes : le propriétaire d'un garage à Saint-Amand-Longpré, qui leur a fourni nourriture et des pneus de vélo ; le propriétaire d'un autre garage à "Villeneuve" à l'entrée de Poitiers, qui les a nourri et leur a donné une somme de 600 francs ; un cafetier de Ruffec, en Charente, et son fils, ce dernier réparant leurs vélos et le père leur donnant l'adresse de son frère à Mansle, un peu plus au Sud. Arrivés à Mansle, ils sont aidés par une autre personne, Riri JAULIN, habitant 8 Rue de Condé à Jarnac, au Sud-Ouest.

Il y a aussi M. GUICHENEY et un de ses amis qui les font passer la Garonne à Le Tourne, 17 km au Sud-Est de Bordeaux. Par la suite, approchant de Magescq, dans les Landes, un fermier prénommé Raymond et sa femme Denise les hébergent pour une nuit. [Il pourrait s’agir du cultivateur repris dans la liste des Helpers français, Jean Raymond LABORDE, de Villenave, près d’Arengosse, entre Le Tourne et Magescq... ?] Un de leurs voisins contacte alors un membre de la Résistance, 30 ans, ancien de la Marine de Guerre, qui les conduit en camion jusqu'à la ferme d'Alex CAPDEVILLE à Halsou dans les Basses-Pyrénées où ils logent trois jours.

Deux résistants viennent alors les chercher pour les faire passer la frontière avant de les mettre, une fois en Espagne, sur la route d'Arizkun et de leur remettre une somme de 1.000 francs. Arrivés du côté espagnol le 12 août, Wiseman et Solomon atteignent Arizkun le 13 et y sont appréhendés par la Guardia Civil avant d'être menés à Elizondo puis de là vers Pampelune d'où ils entrent en contact avec le Consulat.

Après trois jours passés à Pampelune, ils vont à Alhama de Aragon où ils passent six jours. Un officiel américain vient les chercher en voiture pour les mener à Madrid et ensuite à Gibraltar où ils arrivent le 25 août 1944. Un avion emmène Wiseman et Solomon le lendemain vers l'Angleterre où ils atterrissent le 27 août.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters