Aviateurs de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 4 février 2019.

Zbigniew Stanislaw WITRYLAK / 782339
Glengariff, Keir Street, Bridge of Allen, Écosse
Né le 26 juillet 1919 en Pologne / † le 14 novembre 1983 à Thornton-Cleveleys, Lancashire, Angleterre
Fl/Sgt, RAF Bomber Command 300 (Polish) Squadron, bombardier
Atterri à 4km au Sud-Est de Beaugency, soit un peu à l'Ouest de Ferté-St-Aubin, dans le Loiret, France.
A. V. Roe Lancaster Mk III N° série : PB252 (BH-M),abattu dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944 lors d'une mission sur Stuttgart.
Ecrasé entre Lailly-en-Val et Monçay, dans le Loiret, à environ 25 km d'Orléans.
Durée : 2 semaines.
Camps Marathon : Fréteval (?).

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3321/2112.

L'appareil décolle de Faldingworth à 21h25 et, avant d'atteindre l'objectif, à une altitude de 3300 m alors que la formation est attaquée par des chasseurs allemands, il entre en collision avec un autre Lancaster, le ND903 (PM-G) du 103 Squadron, vraisemblablement touché par, ou tentant d'éviter, des tirs. Les sept occupants du ND903 perdront la vie dans cet accident. Il semble que cet avion ait été atteint par des tirs de l'Oblt Helmut Schule du 5./NJG 4.

Dans son rapport, Witrylak déclare que peu de temps après la collision, il a entendu le pilote de son PB252, le Fl/Sgt Jan Danieluk, dire qu'il allait mettre un moteur en drapeau et se rappeller que Danieluk donna rapidement après l'ordre d'évacuer l'appareil.

Le moteur gauche du PB252 avait été endommagé et, avant que l'alimentation en carburant puisse être coupée, un incendie s'était déclaré à bord. Vers 01h00 près d'Orléans, l'avion n'était qu'à une altitude de 2000 m et c'est au moment où il amorçait un piqué que le pilote donna l'ordre à son équipage de sauter.

Cinq membres de l'équipage perdront la vie : le pilote Danieluk ; le mécanicien Sgt Jan Kabulski ; le navigateur Fl/Off Kazimierz Galat ; l'opérateur radio Fl/Sgt Albrecht Pagiela et le mitrailleur arrière Fl/Sgt Henryk T. Czyzyk. Ils reposent tous au cimetière d'Orléans. Les restes du pilote Danieluk et de Pagiela se trouvent dans une tombe commune, le nom de famille d’Albrecht y étant repris comme Pagiello, patronyme sous lequel il avait été enrôlé, sa famille confirmant l’orthographe Pagiela…

Les deux rescapés parviendront à s'évader: Witrylak et le mitrailleur dorsal W/Off Kazimierz Wziatek (SPG 3350/1068, rentré en Angleterre en début septembre 1944). A peine atterri, Witrylak enterre son parachute et sa veste Mae West, puis se met en route vers le Nord-Ouest en s'aidant de sa boussole. A l'aube il se cache dans des champs d'où il ne sort pas avant la soirée du 26 juillet. Dans la nuit, il poursuit sa route et arrive sur les rives de la Loire. Il se cache dans des buissons proches du fleuve et attend la soirée du 28 avant d'approcher une ferme où il reçoit de quoi manger ainsi qu'un manteau. Il ne s'attarde pas dans cette ferme, traverse la Loire à la nage aux environs de Beaugency, puis marche jusqu'aux abords de Josnes où il se cache dans une meule de foin jusqu'au lendemain.

Dans la soirée du 29, il trouve une ferme où on le nourrit. Le fermier lui dit qu'il avait reçu la veille au soir la visite de soldats allemands à la recherche de trois aviateurs évadés, un appareil s'étant écrasé dans le voisinage. Le fermier ajoute qu'il n'y a à présent plus beaucoup d'Allemands dans le coin et que Witrylak pourra s'adresser sans problème à n'importe qui dans la région pour obtenir de l'aide.

Witrylak atteint Josnes (Loir-et-Cher) dans la nuit du 29 au 30 et s'adresse là à un fermier qui l'emmène chez lui, l'invitant à y rester dormir. Le lendemain, ce fermier contacte la Résistance, qui lui conseille de diriger l'aviateur vers Vendôme où il pourra être pris en charge. Le 1er août, Witrylak accompagne le fermier à vélo jusqu'à Vendôme, mais le contact avec la Résistance ne peut être établi, malgré une longue attente. Le fermier le conduit alors chez son frère à Averdon, où Witrylak restera caché jusqu'au 13 août. Le 2 août, un membre de la Résistance passe le voir, s'enquiert de son identité et déclare qu'il repassera le lendemain pour lui apporter une fausse carte d'identité. Witrylak ne verra plus aucun résistant revenir à sa cachette et lorsque le 13 août, il se rend à vélo à Vendôme, il y apprend que le village est aux mains du maquis. A Selommes, on lui dit que des troupes américaines avaient traversé ce village 2 heures auparavant.

Witrylak se dirige alors vers Villetrun où il arrive vers 19h00. Il doit cependant quitter rapidement le village, celui-ci étant attaqué par des avions alliés, et il retourne à Selommes où il passe la nuit dans une maison. Le 14 août, un membre du maquis le ramène à Villetrun, où il peut établir le contact avec les forces américaines. Witrylak est alors envoyé vers La Chartre-sur-le-Loir, puis Le Mans et Saint-Lo, avant d'arriver à Bayeux où il est interrogé le 19 août par le MI9. De là il passe à Banville d'où un avion le ramène en Angleterre (à Northolt ?) le 20 août 1944.

*** Note : Nous n'avons pas de preuves, mais nous pensons que l'intention du groupe de résistants qui l'ont aidé à partir du 2 août était de l'amener vers Cloyes, puis au camp de Fréteval, localités proches des derniers villages traversés par Witrylak. C'est à notre avis la raison pour laquelle des sources le mentionnent comme "Fréteval".

Merci à Jacques Niveau de Lailly-en-Val pour ses informations et les documents reproduits ci-dessous montrant une peinture du PB252 ainsi qu'une photo de l'équipage de Witrylak. Jacques Niveau est l’initiateur du projet de réalisation d’une stèle à la mémoire des cinq membres d’équipage ayant trouvé la mort. Cette stèle a été inaugurée le 16 août 2008 en présence de membres de la famille d’Albrecht Pagiela. Les deux fils de Zbigniew Witrylak, Mark et Christopher, avaient été invités également, mais n’avaient pu assister vu l’état de santé de Christopher. Des photos de ce monument situé dans le cimetière communal de Lailly-en-Val à https://www.aerosteles.net/stelefr-laillyenval-lancaster


Avion et équipage de Witrylak.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters