Bidarray, Larressore, Souraïde, trois autres routes à travers les Pyrénées vers L'Espagne

Par Geoff Warren, Cheryl Padgham, Philippe Connart

Remerciements : Famille Aguerre, Bruce Bolinger, Jean-Marie Dambier, Jean Elhorga, Scott Goodall, Andoni Iturrioz, Miren Juaristi, Michael LeBlanc, Keith Morley, Christiane Saldias, Iurre Telleria, Sue and Alec Willcox, Victor Davies et tous les évadés passés par ces routes.

BIDARRAY, LARRESSORE, SOURAÏDE, TROIS AUTRES ROUTES A TRAVERS LES PYRENEES VERS L’ESPAGNE

En septembre 2008, Cheryl Padgham participe à la marche annuelle organisée sur les traces du guide basque Florentino Goikoetxea. Son père, Victor Davies, est en effet un évadé de Comète qui passa en Espagne à la fin 1943. Après un certain temps, elle doit admettre que la route ne reflète pas les archives du MI-9, les récits de son père et ses souvenirs.

Elle connaît Geoff Warren, le neveu du mitrailleur arrière George Warren de l’équipage de son père, également intéressé par le fait de trouver ce qui est arrivé. Ils contactent Philippe Connart du comité de Comète Kinship, qui recherche les récits d’évasion de tous les aviateurs aidés par Comète. De Kew Gardens à Londres aux rapports de la Sûreté de l’Etat belge via les archives US, les vieilles archives vont révéler de nombreux détails oubliés, qui sont totalement absents des publications habituelles sur le sujet.

Voici le résultat de leurs recherches et de leur tour final sur le terrain où presque la moitié des aviateurs aidés par Comète sont passés en Espagne. Les routes sont décrites aussi précisément que possible à ce stade de notre recherche. Cheryl voulait en savoir plus sur le trajet de son père et nous voulions être certains que les routes de Larressore et Souraïde et les personnes qui ont contribué à leur réussite soient rappelés et prennent leur place dans l’histoire de Comète, et des évasions de 40-45.

Borne frontière 74
Les auteurs à la borne frontière 74.

SITUATION

Seule la route de Urrugne à Oiartzun en traversant la Bidassoa est utilisée en 1941 et 1942 par Comète. Cette route est familière aux habitués de la marche annuelle de septembre, organisée par les Amis de Comète.

Pour alléger la fréquence sur ce trajet, qui est appelé la route de Saint-Jean-de-Luz, le MI-9 charge Andrée De Jongh de chercher un autre passage. Elle veut emprunter le train de Saint-Jean-Pied-de-Port et en discute avec Pierre Elhorga. Celui-ci va à Bidarray pour recruter Martin Orhatégaray, qui reconnaît un passage via Itxassou en sa compagnie en décembre 1942.

Pierre Elhorga devient le personnage central de tous ces passages. Jusque là, Elhorga aidait principalement Andrée De Jongh en coupons d’alimentation.

Après l'arrestation d’Andrée De Jongh à Urrugne lors du 34e passage le 15 janvier 1943, Jean-François Nothomb (Franco) devient le guide international vers l'Espagne pour le secteur Sud de Comète. Le passage n° 35 est effectué seul avec Florentino le 24 janvier, pour aller prévenir Michael Creswell (Timothy, Monday) à l’ambassade britannique de Madrid des arrestations du 15. Nothomb revient en France le 30, en auto par Bilbao et Burgos. Creswell lui suggère de demander l'aide de Fernand Houget, directeur de "l'Entraide aux Prisonniers Civils de la Guerre" en liaison avec consulat général belge de Paris et devenu quasi intime avec le commandant de la Kommandantur.

Larre
A l'arrière du restaurant Larre de Sutar :
Pierre Elhorga, Jeanne Mendiara et Denise Houget.

LE PASSAGE DE BIDARRAY

Après une reconnaissance effectuée par Jean-François Nothomb, et apparemment Jean Elizondo, le 6 février 1943 (Il s’agit du 36e passage de Comète, sans évadé), cette route, dite de Bidarray, ne sera utilisée qu’une seule fois avec le guide Martin Orhatégaray. A son retour du trajet, Nothomb apprend l'arrestation de Jean Greindl (Némo) et une dizaine d'autres à Bruxelles, le 6 février.

Le 12 février 1943, il revient de Bruxelles avec le frère de Jean, Albert Greindl, Albert Johnson et deux Américains (pris à Paris) du même équipage : John Spence et Sidney Devers, ainsi que du Canadien James Chaster (depuis Bruxelles). Comme Florentino Goikoetxea peut avoir été filé après les arrestations d’Urrugne, Nothomb et Johnson partent donc avec eux pour le 37e passage par ce nouvel itinéraire de Bidarray le 14 février 1943.

Nothomb mentionne que Michael Creswell l’avait mis en contact avec un père capucin basque d’un monastère, le « Convento de Lecároz » près d’Elizondo en Espagne, dont il ne pouvait se rappeler le nom. Ce père avait la réputation d’aider les gens et avait accepté de recevoir des évadés de temps à autre. Arrivés à Elizondo, Nothomb téléphone à un contact (Bernardo Aracama). Un taxi vient les chercher qui est intercepté par les carabiñeros, et Nothomb et les trois aviateurs sont incarcérés à Pampelune. Johnson et Greindl vont alors voir ce père capucin, et prennent le train jusque San Sebastian pour prévenir le vice-consul de Grande-Bretagne, qui va les délivrer après dix jours. Le 25 février, les six hommes sont conduits à Madrid et reçus par Michael Creswell. Le 4 mars, les quatre évadés prennent le train vers La Linea, puis un bus pour Gibraltar.

Après les arrestations à Elizondo, Jean-François Nothomb abandonne donc la ligne de Bidarray et demande alors à Pierre Elhorga de lui trouver un autre passage possible.

LE PASSAGE DE LARRESSORE

A partir de juillet 1943, c’est depuis le restaurant Larre à Sutar que les évadés poursuivent leur trajet soit par Saint-Jean-de-Luz, soit par l’un des deux nouveaux itinéraires plus à l’Est de Comète.

Le premier employé de ceux-ci sera d’abord celui dit de Larressore, avec les quatre guides pyrénéens de Espelette : Pierre Etchégoyen, Pierre et Baptiste Aguerre et Jean Elizondo. Ces quatre guides sont clandestins depuis la mise en place du service du travail obligatoire et sont recherchés par la police. Baptiste a d’ailleurs été arrêté en juin 1943 et incarcéré à la prison de la Villa Chagrin à Bayonne, au Fort du Hâ de Bordeaux et au camp de Mérignac, mais s’évade avant sa déportation.

Le restaurant Larre
Le restaurant Larre de Marthe Mendiara.
Avenue de Cambo à Sutar.

Cette nouvelle route devient très efficace et 83 aviateurs britanniques, Commonwealth et américains ainsi que 6 agents belges et français passeront par l’itinéraire de Larressore en 21 passages transfrontaliers, entre le 21 septembre 1943 et le 9 janvier 1944.

En octobre, Marcel Roger (Max) rejoint Nothomb et ils travaillent à deux : 10 à 15 pilotes transiteront chaque semaine en fin 1943. Les premiers groupes pourraient avoir rejoint par la route à vélo le rendez-vous avec les guides basques, mais Pierre Elhorga a préparé l'itinéraire du chemin de halage le long de la Nive, par Villefranque et Ustaritz, qui est aujourd’hui une piste cyclable. Les évadés partent du restaurant de Marthe Mendiara par un sentier qui rejoint la Nive proche de 500 mètres. Ce sentier a disparu suite à la construction d’une centrale d’épuration et d’un zoning industriel à cet endroit. Les guides de Comète seront principalement Jean-François Nothomb et Marcel Roger, avec Mlle Denise Houget. Elvire De Greef (Tante Go) et sa fille Jeannine accompagneront quelques fois les groupes.

A hauteur de Herauritz, les évadés quittent les berges de la Nive et prennent un chemin à couvert dans les bois qui les amène sur le territoire de Larressore en évitant les localités. Les vélos sont abandonnés et repris par le boulanger local, Martin Garat. Les guides conduisent alors leurs protégés dans une grange sise à la limite entre les villages de Larressore et d’Espelette : Mandochineko borda (la grange de la ferme Mandochinea). Cette grange est aujourd’hui en ruine et disparaît sous les ronces et la végétation sauvage.

En vue de cette grange, mais sise sur le territoire d’Espelette, la ferme Lapitza appartenant à la famille Aguerre, dont Baptiste Aguerre reprend l’exploitation à la fin de la guerre.

Mandochineko borda
La ferme Lapitza et Mandochineko borda.

A la tombée de la nuit, les guides basques prennent les aviateurs et agents vers les Pyrénées et la frontière franco-espagnole. Les passeurs amènent les évadés en Espagne en environ six heures de marche. Ils passent le village d’Espelette, suivent la vallée de la Latsa et remontent jusqu’à sa source aux environs de Gaineko borda, entre les pics du Mondarrain et Atxulegi. De ce col, ils descendent la vallée du Larreko erreka (ruisseau de Larre) jusqu’aux environ de la borne frontière (mugari) n° 74. Ils remontent ensuite le Haizagerriko erreka (ruisseau du Haizagerri) et le traversent pour atteindre le premier refuge, Jauriko borda, à 200 mètres en Espagne.

Jauriko borda
Jauriko borda vue depuis l’Espagne.

Là, les évadés sont remis à la famille espagnole Mihura et se reposent quelques heures. Les neuf premiers groupes sont emmenés à Urdax et on leur conseille de se rendre à la Guardia Civile, qui les transporte à Irun avant des les remettre aux autorités britanniques. Quelques-uns sont arrêtés près d’Elizondo. Les douze groupes suivants marcheront plus au Sud de jour et contourneront les pics du Gorramakil et du Gorramendi jusqu’à une autre ferme navarraise : Mortaleneko borda, non loin du col d’Ispéguy à Erratzu. De là, ils rejoindront San Sebastian par divers moyens, certains mettant plusieurs jours supplémentaires pour l’atteindre.

Le 9 janvier 1944, les chasseurs alpins allemands stationnés à Esteben borda tirent sur le dernier groupe. Un des guides basques est blessé à la main. Le passage ainsi découvert est abandonné.

Mortaleneko borda
Mortaleneko borda vers 1960.

LE PASSAGE DE SOURAÏDE

Le trajet par Larressore est vite encombré. Mais Pierre Elhorga connaît d’autres passeurs qui connaissent la montagne. L’un est Juanito Bidegain, un réfugié politique espagnol et cultivateur à la ferme Seme Enea de Bassussarry, sur la route de Cambo. En mars 1943, Bernard Maïsterrena avait déjà fourni à Juanito Bidegain une vingtaine de jeunes Français et deux Belges à faire passer. Bidegain les avait remis le jour-même à Jean-Baptiste Méhas de Souraïde pour le restant du passage.

Dès le 12 décembre 1943, la nouvelle équipe entame une série de 11 traversées de la frontière espagnole, qui amènera un total de 41 hommes aux autorités britanniques de Guipúzcoa. Nothomb vient d’abord livrer les aviateurs à Juanito Bidegain. Puis, après son arrestation en janvier 44, Pierre Elhorga viendra les lui remettre au même rendez-vous, dans une carrière de Bassussarry.

Bidegain les conduit à pied jusqu’à la ferme Mendigaraya située au Nord-Ouest de Souraïde. Michel Echeveste y habite avec ses parents. Bidegain est la seule personne à connaître l’emplacement de la cache d’Echeveste, où il échappe aux contrôles allemands. Son frère Jésus-Marie se cache aux environs de Aïnhoa, mais l’aide pour les passages.

Ils passent d'abord les évadés à la Venta Mikelen borda, quelques mètres en Espagne, non loin du poste frontalier de Dancharia à Landibar et juste au-delà du ruisseau Lapitxuri. Ensuite, Michel Echeveste reçoit la consigne de les passer plutôt à l'exploitant de Apetxen borda (aujourd'hui, une Venta du Carrelage qui s'appelait auparavant Lorietxe), Joseph Bergara. Les Bergara étaient propriétaire de Quito borda (la borde des Gitans) dont le nom officiel est Olazur etxeberria. La grange se trouve à 500 m de Apetxen benta et est maintenant agrandie et habitée. De là, les évadés sont ensuite emmenés plus loin en Espagne, via Urdax.

Mikelen borda Quito borda
Mikelen borda et Quito borda aujourd'hui.

LES PERSONNAGES

Baptiste Aguerre

BAPTISTE AGUERRE

Il est né à la ferme Borrun Tehelmea à Espelette en septembre 1917. Il épouse Marie-Louise Etchegaray (née à Espelette en 1921) et est cultivateur à la maison Lapitza à Espelette après la guerre. Il a fait son service militaire en 1938.

Il s’occupe du passage de Français passés par des parents de Bayonne (une dizaine) avec Pierre et Michel Etcheverry. Arrêté le 2 juin 1943, il s’évade avant sa déportation en Allemagne. Il est alors contacté par Pierre Etchégoyen et devient guide de Elhorga pour Jean-François Nothomb dans l’équipe de Pierre Etchegoyen, avec son frère Pierre et Jean Elizondo. Son rapport indique la destination espagnole : Jauriko borda.

Pierre Aguerre

PIERRE AGUERRE

Il est né à la ferme Borrun Tehelmea à Espelette en février 1916. Il épouse Marie Eyherabide (née à Larressore en 1921) et est ouvrier aux Tanneries de Uhart et Ilharreborda et Laronde, Allées Marines, Chemin de Sabaltz à Bayonne après la guerre. Il a fait son service militaire en 1939.

Il s’occupe du passage de Français passés par des parents de Bayonne (une dizaine) avec Pierre et Michel Etcheverry. Il échappe à l’arrestation. Il est alors contacté par Pierre Etchégoyen en août 1943 et devient guide de Elhorga pour Jean-François Nothomb avec son frère Baptiste, Pierre Etchégoyen et Jean Elizondo. Son rapport indique la famille Mihura en Espagne.

Juanito Bidegain

JUANITO BIDEGAIN

Juanito Bidegain est un réfugié politique espagnol et est cultivateur à la ferme Seme Enea de Bassussarry, sur la route de Cambo. Il vit avec sa mère Raimunda Elizagoyen et ses deux frères Léon et Martin. Il est né à Vera de Bidassoa en Espagne en février 1900. Jean et Jeanne Elhorga, le fils et la fille de Pierre, ont comme consigne d’aller se réfugier chez lui s’ils voient des Allemands en rentrant chez eux, à l’école de Sutar.

Bidegain guide les aviateurs de Bassussary à Souraïde et les remet à Michel Echeveste aux alentours de la ferme Mendigaraya.

Michel Echeveste

MICHEL ECHEVESTE

Né à Sare en juin 1914, il a fait son service militaire. En 1942, il s'occupe de passer des Français isolés. Il devient passeur de Juanito Bidegain pour 41 aviateurs du 12 décembre 1943 au 4 juin 1944. Lui et son frère Jésus-Marie utilisent la ferme de leurs parents à Souraïde, Mendigaraya, comme relais pour les aviateurs. Ils les conduisent d'abord à la venta Mikelen borda à Landibar.

Sur instruction de Juanito Bidegain, ils les emmènent ensuite à la maison Apetxen borda qui ensuite emmenait les aviateurs plus loin. Ses parents sont Joseph et Marie Miquelestorena, vivant à la ferme Mendigaraya à Souraïde.

Pierre Elhorga

PIERRE ELHORGA

Né à Espelette en septembre 1897, il est réformé à 100% après la guerre de 14-18. Douanier retraité de Cambo-les-Bains, il est domicilié à l’école de Sutar à Anglet, où son épouse Marie Bentaberry, née à Ispoure en 1902, est l’institutrice et la directrice. Il a rencontré Fernand De Greef en 1940 à la mairie d'Anglet et sa famille en début 1941, à la réception du maire, M. Dommain.

Il est d’abord enrôlé dans le réseau Comète par Andrée De Jongh pour aider au ravitaillement des évadés, puis trouver des passeurs et recruter pour les trois futures filières Est. Il la met en relation avec M Elizondo, de Sare. Il conduit Charles Morelle à Saint-Jean-Pied-de-Port depuis la ligne de démarcation à Saint-Jean-le-Vieux vers Mauléon avant que ce dernier ne se fasse arrêter le 6 mai 1942.

Elhorga est du groupe qui conçoit une évasion pour Andrée De Jongh de la prison de la Villa Chagrin à Bayonne, avec Jean-François Nothomb, Rémy Larre et Jean Dassié au restaurant de Marthe Mendiara.

Jean Elizondo

JEAN ELIZONDO

Né à Espelette en avril 1920. Il est courtier indépendant en bestiaux à la Maison Espondatéa à Espelette et épouse Marie Arocena (née à Souraïde en septembre 1919) après la guerre. Pierre Elhorga le présente à Andrée De Jongh en fin 42 pour le nouveau passage de Biddaray. Il devient guide de Nothomb pour 89 aviateurs et agents passés par Larressore en 21 passages du 22 septembre 1943 au 9 janvier 1944. Pierre Etchègoyen le recrute avec les Aguerre.

Il participe ensuite à l'action du bataillon Vernet-Vidal commandé par le capitaine Martinez du 1er mai au 22 août 1944. Il est le fils de François et Eulalie Arotzasoua, domiciliés à Hasparren, section Urcuruy.

PIERRE ETCHEGOYEN

Epoux de Jeanne Ithurry (née en 1922 à Itxassou), il est né à Espelette en 1921 et est marchand de bestiaux indépendant à la Maison Chodiéteya à Espelette. Il est soldat de la classe 1941 exempté de service militaire et versé à la réserve. Ses parents sont Hippolyte né en 1888 à Ustarritz et Marguerite Elhorga née en 1888 à Espelette.

Il a déjà passé auparavant des Tunisiens venus pour affaires en France, et reçus de Elizondo père. Guide recruté par Elhorga (son oncle) pour Jean-François Nothomb à partir d’août 1943. Après présentation au bois de Larressore par Pierre Elhorga, il prend contact avec les Aguerre et Jean Elizondo pour monter la ligne de Larressore.

Il déclare recevoir les « colis » dans le bois près de Larressore (amenés chez Garat par Jean-François Nothomb qui règle les prix, Marcel Roger, Elvire De Greef, Denise Houget. Les fuyards sont alors amenés à Mandochineko borda et passés à la première maison en Espagne, Jauriko Borda. Etchégoyen payait Pierre et Baptiste Aguerre ainsi que le borda en Espagne pour la nourriture et le convoyage jusqu'à Erratzu, à Mortaleneko borda.

Denise Houget

DENISE SIMONE HOUGET

Née en février 1911 à Liège (Belgique), elle est la fille adoptives de Fernand et Magda Houget, et réside depuis 1939 à la Villa Etcherintzina à Anglet Plage. À l'arrestation d'Andrée De Jongh, Michael Creswell donne leur adresse de Verviers à Jean-François Nothomb. Elle devient convoyeuse régionale de Comète recrutée par Nothomb de juillet à décembre 1943, après l'arrestation de Elvire De Greef le 28 Mai, qui doit cesser un mois son activité. Elle cesse le 15 Dec 43 pour rentrer quelques semaines à Verviers, ce qui lui permet d'échapper à une visite de la Gestapo à Anglet.

Mise de côté à la liquidation de Comète, Jean-François Nothomb confirmera 60 à 70 aviateurs convoyés et son rôle d'assistante directe pour les évadés passés par Dax et l'auberge Larre.

Marthe Mendiara

JEANNE MARTHE MENDIARA-VILLENAVE

Née en novembre 1905 à Saint-Martin de Gugane, elle est l’épouse de Félix Antonio Mendiara, né à San Sebastian en novembre 1903, qui est prisonnier de guerre en Allemagne. Son restaurant « Larre » à Sutar avait déjà servi à préparer l’évasion d’Andrée De Jongh de la prison Villa Chagrin de Bayonne.

Tous les aviateurs de Comète seront logés à partir de juillet 1943 chez Marthe Mendiara, au restaurant Larre sur la route de Cambo, un peu plus loin que l’école de Sutar (Pierre Elhorga l’y remplace deux nuits). Elvire De Greef compte 175 aviateurs de Comète logés chez elle au restaurant Larre, dont certains restent jusqu'à cinq jours.

ApercuGeneral
Croquis de situation et repérage.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Édouard Renière, Victor Schutters