Aviateurs de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 22 août 2018.

William Etienne Joseph BRAYLEY "Bill" / R108037
8 Fenwick Avenue, Montréal-West, Canada.
Né en 1923 à Rougemont, Quebec, Canada / † à New York, USA en août 1973
Warrant Officer 2, RCAF, RAF Bomber Command 158 Squadron, navigateur.
Lieu d’atterrissage : dans la région de Montdidier, dans la Somme, France.
Handley Page Halifax BIII, LW723, NP-X, abattu la nuit du 10 au 11 avril 1944 lors d'une mission sur des installations ferroviaires à Tergnier, Aisne, France.
Ecrasé à Erches, à environ 8 km à l’ouest-nord-ouest de Roye, dans la Somme, France.
Durée : 5 mois.
Camps : Fréteval.

Informations complémentaires :

Rapport d’évasion SPG 3348/188.

Le Halifax décolle de Lissett vers 21h00. Au retour de la mission, à une altitude d’environ 3700m, il est atteint par des tirs de la Flak, s’embrase immédiatement et le pilote Gibson donne l’ordre de l’évacuer. William Brayley dont le compartiment a été troué par un obus, se rend vers le poste de pilotage, mais en est repoussé par un co-équipier. Il endosse immédiatement son parachute et saute derrière le bombardier et l’opérateur radio. Ce seront les seuls survivants.

Le pilote P/O Arnold Roy Alexander Gibson (RCAF), le mécanicien Sgt James John Turner, le mitrailleur dorsal Sgt Dennis George Robbins et le mitrailleur arrière Sgt John Clifford Williams reposent au cimetière communal de Méharicourt dans la Somme, France. Le bombardier, Sgt Henry T. Jeffrey, réussit à s’évader avant d’être arrêté à Sarrancolin, au sud-ouest de Tarbes, avant de pouvoir passer les Pyrénées. Il parvient à s’échapper d’un train l’emmenant avec d’autres vers l’Allemagne et restera caché en France jusqu’à la libération de Toul le 2 septembre par des troupes américaines – SPG 3323/2490). Quant à l’opérateur radio/mitrailleur Sgt Philip Dowdeswell, d’abord évadé, il sera arrêté dans l’Oise le 27 juillet 1944. Il passera par la prison de Fresnes, près de Paris, avant d’être envoyé au camp de Buchenwald en Allemagne, puis au Stalag Luft 3 à Sagan, Pologne.

Après son atterrissage, William Brayley est aidé par un fermier qui le fait prendre un train à Montdidier pour Amiens et lui dit de s’y rendre au magasin "Dufred Frères", au coin des rues de Noyon et Robert de Luzarches, dans le centre (à noter que ces deux rues ne forment pas un coin et sont situées à quelque distance l’une de l’autre dans le même quartier…). Avant l’ouverture du magasin, Brayley s’identifie auprès du directeur qui l’informe de ce qu’il ne pourra l’aider, le propriétaire du magasin étant en prison pour avoir aidé d’autres aviateurs. Il recommande cependant à Brayley de contacter un médecin à Saint-Sauflieu, à une dizaine de km au sud d’Amiens.

Brayley se rend chez le docteur à Saint-Sauflieu [il doit s'agir du Dr Leo INTNER], apparemment un juif originaire de Roumanie, qui le conduit en voiture chez Georges HAAS, concessionnaire des automobiles Peugeot dans la localité. Pendant quelques semaines, il logera dans différentes maisons de la région avant d’être guidé à vélo le 3 juin 1944 vers la maison d’un employé municipal de Clermont, dans l’Oise, qui est le chef de la Résistance locale. C’est chez cet homme que Brayley rencontre Dennis Pepall et Leslie Berry.

Leslie Berry arrive dans cette maison à Clermont dans une Citroën noire conduite par un employé du cimetière de Beauvais (Marissel), apparemment un avocat et chargé par les autorités allemandes d’assurer la liaison entre elles et les autorités françaises pour donner une sépulture décente aux aviateurs alliés décédés. Egalement à bord se trouvait un gendarme, assis devant. La voiture s’arrête devant la maison et Brayley et Pepall montent à son bord, à l’arrière à côté de Berry.

Arrivés à Montataire, toujours dans l’Oise, les 3 aviateurs sont transférés dans un camion de laiterie à bord duquel ils sont rejoints par la propriétaire du camion et de la laiterie, Mme Marie DOREZ et sa fille (du 4 Rue de Condé à Montataire.) On conduit tout ce monde vers une boucherie à Chantilly, d'où une femme guide conduit les aviateurs jusqu'à la gare, leur donne à chacun un ticket et les accompagne en train jusqu'à Paris.

A Paris, ils prennent le métro à la Gare du Nord et restent bloqués durant une alerte aérienne dans un wagon rempli de SS. Ils ne sont pas inquiétés et arrivent finalement chez un fleuriste (selon le rapport de Brayley ; un magasin de vélos selon celui de Berry…) où leur guide les abandonne. C'est probablement dans la boutique de la fleuriste Andrée DONJON, au 60 Avenue de Bellechasse dans le VIIe. Une autre guide, "Anne" ou "Annie" (Germaine MELISSON alias "Anita" du 8 rue de Montessuy, près de la Tour Eiffel), environ 32 ans, les emmène dans un appartement au 1er étage d'un bloc situé au 1bis rue Vaneau, dans le 7e Arrondissement. C'est l'appartement de Philippe et Virginia d'ALBERT-LAKE et où ils rencontrent Thomas Yankus et Jonathan Pearson.

Le 4 juin, Philippe d'ALBERT-LAKE informe les cinq aviateurs de ce qu'à la suite de trop nombreuses arrestations dans Comète, la ligne vers l'Espagne est bloquée (il ne parle pas de difficultés suite aux bombardements, ce qui renforce l'hypothèse de l'option diplomatique entre les alliés anglo-saxons et les alliés des territoires occupés). Berry, expert en mitrailleuses suggère de rejoindre un groupe local de sabotage, mais d’ALBERT-LAKE le leur déconseille. Yankus et Pearson sont alors guidés par Virginia vers un autre appartement, tandis que Berry, Brayley et Pepall sont transférés à l'appartement de Germaine MELISSON au 8 de la rue de Monttessuy, Paris VIIe, près de la Tour Eiffel.

Tôt au matin du 5 juin, Germaine les conduit à la gare d'Austerlitz pour prendre le train vers Châteaudun. La voie ayant été bombardée, le train s'arrête à hauteur de Choisy-le-Roi et les voyageurs doivent descendre. Le groupe marche alors pendant 14 km (accompagnés par de jeunes garçons, selon Yankus) jusqu'à Juvisy-sur-Orge en longeant une ligne proche du cours de la Seine. Arrivés à Juvisy, ils reprennent un train qui les amène en début d'après-midi à Châteaudun où ils rencontrent deux aviateurs américains guidés par "Anne-Marie" (Jeannine PIGUET, épouse PONCET, du 28 Rue Gay-Lussac Paris VIe).

Selon Thomas Yankus, à leur descente du train avant Châteaudun, ils ont été conduits jusqu’à une étable de la ferme de la famille RIDEAU qui les héberge. Il s’agit en fait du guide forestier André Paul RIDEAU, alias "Marcel", de Richeray-Busloup (Loir-et-Cher). On cite également l’aide d’Armand GUET, près de Cloyes-sur-Loir.

Le lendemain, la BBC leur annonce le débarquement en Normandie à 07 heures. Ils arrivent à la forêt de Fréteval vers le 08 juin, où environ 25 aviateurs sont déjà avec le "Colonel Lucien" (le Wing Commander belge Lucien BOUSSA).

Ils vont ensuite aider Jean de BLOMMAERT à installer un second camp à Richeray, à quelques kilomètres plus loin, non loin d'un dépôt de munitions allemand. William Brayley y arrive le 25 juin. Il fallait garder le silence car les Allemands se doutaient de quelque chose. Le 12 août, des P51 les survolent et ils prennent contact avec des éléments de l'armée de Patton le lendemain.

Jean de BLOMMAERT dit qu'il parlait très bien français et qu'il fut l'aviateur qui l'aida le plus pour le bon esprit et la bonne marche du camp.


Debout de gauche à droite : 1. Eacott G. Allen, 2. ?, 3. Commandant Pierre Benedictus, French Air Mission, 4. American military representative, 5. Bill Bender, 6. Joe Forman, 7. Gerald Musgrove, 8. ?
Devant de gauche à droite : 1. ?, 2. ?, 3. Jack Bester, 4. ?, 5. Bill BRAYLEY, 6. Norm Binnie, 7. Sam Dunseith, 8. Harwood Max Harrell, 9. Alex Campbell, 10. ?, 11. ?.

William Brayley, dont une nécrologie le reprend comme William Guy Brayley, est décédé subitement à New York en 1973. Actif dans le monde des affaires et entrepreneur lui-même, il occupa à partir d’octobre 1970 à la Quebec House de New York le poste de Conseiller en chef de la branche Internationale du Département du Commerce et de l’Industrie de la Province de Québec. A sa mort, il était Directeur de la Canadian Society of New York et membre de l’Economic Club de cette ville. Son épouse Patricia, née Lukeman en 1925, est décédée en 2010 à Mississauga, Province de l’Ontario, Canada.


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