Aviateurs de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 30 mai 2014.

Jean Léon Jules Ghislain CROQUET / 159234
Belgique.
Né Le 28 février 1918 à Henripont (Braine-le-Comte), Belgique / † le 20 décembre 1953 à Yaclungo (Congo Belge).
P/Off, RAF Fighter Command 349 (Belgian) Squadron, pilote.
lieu d'atterrissage : Osmoy-Saint-Valéry (Seine Maritime), France.
Vickers Supermarine Spitfire Mk V B, AB175, GE-E, abattu par la Flak dans l'après-midi du 11 février 1944 lors de la mission Ramrod 545 sur la France.
Posé sur le ventre au hameau de Epinay à Osmoy-Saint-Valéry (Seine Maritime) à 25 Km au SE de Dieppe vers 15h20.
Durée : 6 mois.
Camps : Fréteval.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion en dossier 3349/363.

Jean Croquet est volontaire à l'Ecole de Pilotage (74e promotion à Wevelgem) en août 1936. Il se trouve le 10 mai 1940 au 5/III/1 (5e escadrille du 1er régiment du IIIe groupe Aéronautique) basé à Gossoncourt comme pilote de Fairey-Fox (Rolls-Royce) qui se rend au terrain de guerre de Jeneffe, au profit de la position fortifiée de Liège. Le 15 mai passe en France avec son unité et rentre le 20 août en Belgique occupée. Dès le mois d'octobre il décide de gagner l'Angleterre et doit attendre le 19 mars 1941 pour quitter le sol belge. Arrêté à Marseille le 19 avril il est emprisonné au camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne). Il s'en évade en juin. Il rejoint Gibraltar par l'Espagne en fin 1941. Jean Croquet arrive en Ecosse (Greenock) le 09 janvier 1942 sur le S.S. Batory.

Muté le 12 juin 1943 au 349 (Belgian) Squadron après sa formation RAF et 6 mois au 619 squadron, le moteur de son Spitfire est touché par un obus de Flak le 11 février 44 lors de la mission Ramrod 545. Il est en couverture de vol de 12 Mosquitos qui attaquent des rampes de V1 à Fréval. N'osant retraverser la Manche, il doit poser son appareil sur le ventre vers 15h20. L'arrière du fuselage est tordu, les ailes arrachées. Le choc est tel qu'il demeure "sonné" pendant 30 minutes dans l'épave qui, heureusement, ne prend pas feu. Un voisin s'approche et l'extrait de son habitacle, pour le conduire dans un abri reculé où il dormira pendant deux journées pour récupérer.

Les Allemands quadrillant le secteur, il va passer de place en place pour arriver finalement à Paris dans un continuel cache-cache.

Le P/Off Croquet se trouve dans un bloc à appartements à Paris en compagnie de Larry Clay lorsqu'y arrive le 10 juin 1944 Charles Martin. Le lendemain, les trois hommes sont conduits à la gare d'Austerlitz où ils sont rejoints par Stuart Barr et Robert Sidders.

Deux guides, PIERRE et ROBERT (en fait, il s'agit de Pierre ROBERT du 26 Avenue Pierre Ier de Serbie à Paris XVIe), leur disent qu'ils vont les mener à Châteaudun via Dourdan. De la gare de Dourdan, le groupe rejoint à pied le camp de Fréteval où ils arrivent le 14 juin. Jean Croquet sert souvent d'interprète entre Lucien BOUSSA et le Fl/Lt Walter Berry dans ses contacts avec les évadés, qui seront libérés le 13 août par des troupes américaines.

Ce 13 août, alors que l'on craint une descente de soldats allemands stationnés à Cloyes-sur-le-Loir tout proche, Jean Croquet accompagne Walter Berry pour vérifier l'importance du danger. Berry se rend finalement compte qu'il s'agit en fait de deux camions de l'organisation TODT évacuant des ouvriers civils et qui avaient traversé Cloyes.

Croquet est interviewé le 16 août par les Services de Renseignement et il reprend du service dans la 349e escadrille de septembre 1944 à fin 1946.

En décembre 1946, il épouse à Londres Gladys Amos (une Anglaise), décédée en 1991. Dès 1947, il fera partie de la première équipe des pilotes de la Sobelair, qu'il quittera bientôt pour l'Institut cartographique du Congo Belge. Il est décédé aux commandes d'un bimoteur De Havilland Dove au Congo Belge, en service pour l'Institut cartographique, en atterrissant d'urgence dans la brousse par manque de carburant. Depuis sa mort accidentelle (20 décembre 1953), la place de l'église de son village natal (Henripont) porte le nom : place Aviateur Jean Croquet. Il était le petit-fils de Jules Croquet et fils de Paulin Croquet, bourgmestres successifs de Henripont, et sans interruption de 1898 à 1943.

Merci à monsieur l'abbé Christian Croquet, doyen de Belœil, son neveu, pour ses informations. La photo de droite a été prise peu après son retour en Angleterre.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters