Aviateurs de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 19 août 2018.

Leslie Frederick BERRY "Peter" / 77960 (& 440606)
Cabin, Punch House, Piccadilly, Londres
Né le 20 juillet 1908 / † le 6 octobre 1946, près de Hamburg, Allemagne
Fl/Lt: RAF Bomber Command 622 Squadron - mitrailleur arrière
Lieu d'atterrissage : aux environs de Chaumont-en-Vexin, Oise, France.
Lancaster Mk III - N° série ND926 (GI-D),abattu dans la nuit du 31 mai-1er juin 1944 lors d'une mission sur des installations ferroviaires à Trappes.
Les débris de l'avion sont éparpillés de Porcheux à La Houssoye, près d'Auneuil dans l'Oise, France
Durée : 2 mois ½.
Camps Marathon : Fréteval

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3348 (2/79/145).

L'avion décolle de Mildenhall à 23h43. Avant d'atteindre l'objectif, l'appareil est attaqué par un chasseur de nuit, dont les premières salves tuent le Sgt Small et provoquent l'incendie d'un des moteurs gauche. Les manœuvres du chasseur sont tellement habiles que les mitrailleurs du Lancaster ne parviennent pas à le toucher durant ses quatre autres attaques. L'appareil semble condamné et le pilote Randall donne l'ordre d'évacuer. Berry traverse un rideau de feu pour atteindre la porte arrière du Lancaster d'où il parvient à sauter.

Temporairement assommé par l'ouverture de son parachute, il revient à lui et aperçoit l'avion, qui avait explosé en plein vol, brûlant au sol à environ 15 km au Nord. Arrivé à terre, il se cache avant d'entrer en contact avec un homme, vraisemblablement un avocat et chargé d'assurer la liaison entre les autorités françaises et allemandes en matière de funérailles d'aviateurs alliés. C'est de cet homme qu'il apprendra plus tard la mort de ses camarades : le pilote Fl/Lt Francis R. Randall; le mécanicien Sgt Sidney Lionel William Kelly; le navigateur Fl/Sgt Stanley Binns; le bombardier F/Off William George Crawford RCAF ; le radio/mitrailleur Fl/Sgt Henry Samuel Thomas; le mitrailleur Fl/Sgt Ernest George Small. Ils reposent tous au Cimetière National de Marissel près de Beauvais.

L'avocat emmène Berry dans une Citroën noire jusqu'à la maison d'un instituteur chez qui il reste jusqu'au 3 juin. L'homme à la Citroën réapparaît ce jour-là et, en traversant Beauvais, prend en charge un gendarme qui s'assied à l'avant. La voiture s'arrête devant une maison à Clermont pour prendre William Brayley et Dennis Pepall qui y logeaient chez un chef de la Résistance locale. Transférés dans un camion de laiterie à Montataire, ils sont rejoints par la propriétaire du camion et de la laiterie, Mme DOREZ et sa fille. On conduit tout ce monde vers une boucherie à Chantilly, d'où une femme guide conduit les aviateurs jusqu'à la gare, leur donne à chacun un ticket et les accompagne en train jusqu'à Paris.

Arrivés à Paris, ils prennent le métro à la Gare du Nord et restent bloqués durant une alerte aérienne dans un wagon rempli de SS. Ils ne sont pas inquiétés et arrivent finalement chez un fleuriste (selon le rapport de Brayley ; un magasin de vélos selon celui de Berry…) où leur guide les abandonne. C'est probablement dans la boutique d'Andrée DONJON, au 60 Avenue de Bellechasse dans le VIIe. Une autre guide, "Anne" ou "Annie" (Germaine MELISSON du 8 rue de Montessuy, VIIe, près de la Tour Eiffel), environ 32 ans, les emmène dans un appartement au 1er étage d'un bloc situé au 1bis Rue Vaneau, dans le 7e Arrondissement. C'est l'appartement de Philippe et Virginia d'ALBERT-LAKE et où ils rencontrent Thomas Yankus et Jonathan Pearson.

Le 4 juin, Philippe d'ALBERT-LAKE informe les cinq aviateurs de ce qu'à la suite de trop nombreuses arrestations dans Comète, la ligne vers l'Espagne est bloquée (il ne parle pas de difficultés suite aux bombardements, ce qui renforce l'hypothèse de l'option diplomatique entre les alliés anglo-saxons et les alliés des territoire occupés). Yankus et Pearson sont guidés par Virginia vers un autre appartement, tandis que Berry, Brayley et Pepall sont transférés à l'appartement de Germaine MELISSON au 8 de la rue de Montessuy, Paris VIIe, près de la Tour Eiffel.

Tôt au matin du 5 juin, Germaine les conduit à la gare d'Austerlitz pour prendre le train vers Châteaudun. La voie ayant été bombardée, le train s'arrête à hauteur de Choisy-le-Roi et les voyageurs doivent descendre. Le groupe marche alors pendant 14 km jusqu'à Juvisy-sur-Orge en longeant une ligne proche du cours de la Seine. Arrivés à Juvisy, ils reprennent un train qui les amène en début d'après-midi à Châteaudun où ils rencontrent deux aviateurs américains guidés par "Anne-Marie" (Jeannine PIGUET épouse PONCET du 28 Rue Gay-Lussac Paris Ve).

Le guide attendu par Germaine, Omer JUBAULT, arrive enfin et, précédant le groupe à vélo, il guide les marcheurs vers une ferme à Cloyes, à une trentaine de kilomètres. La marche est pénible et Berry, les pieds endoloris, doit enlever ses chaussures et marcher en chaussettes. De Cloyes, les aviateurs sont conduits par "Gilbert" (Gilbert THIBAULT ?) jusqu'à une ferme appartenant à Emmanuel GUET à La Haudrière par Cloyes, et où ils restent jusqu'au 10 juin. C'est là que Jean de Blommaert arrive avec des nouvelles du Débarquement en Normandie (sans doute le 6 ou 7 juin) et déclare à Berry qu'il le nomme chef du camp en formation à Bellande dans la Forêt de Fréteval et que lui et Lucien BOUSSA seront ses interlocuteurs de l'extérieur. Le lendemain, de Blommaert revient avec de nouvelles chaussures pour Berry qu'il emmène avec lui à l'endroit du camp envisagé. Berry y restera seul jusqu'au 10, date à laquelle Dennis Pepall, Bill Brayley, Jasper Knight, Donald Hoilman, George Solomon et "Lucky" (Guy Golden), un autre américain, le rejoignent.


Leslie Berry en photo à Fréteval (il est à l'extrême droite).

Leslie Berry administrera le camp de Bellande en tant qu'officier supérieur. Secondé par le Lt Geno DiBetta, il utilisera les services du P/Off Jean Croquet pour l'interprétation. DiBetta deviendra le chef du Camp N°2 à Richeray, ce camp ayant été créé vu l'afflux d'évadés et la surcharge de celui de Bellande.

Les camps sont libérés par des troupes américaines le 13 août 1944 et Leslie Berry est interrogé le 16 dès son retour en Angleterre. Il sera décoré de la DFC (Distinguished Flying Cross), mention dans le London Gazette Supplement du 6 juin 1944.

Leslie Frederick trouvera la mort le 6 octobre 1946, dans des circonstances que nous n’avons pu éclaircir. Selon des documents officiels britanniques (The National Probate Records), l’endroit de son décès serait "near Houshall Sands, River Elbe". Le fleuve Elbe comporte effectivement de nombreux bancs de sable à hauteur de Hambourg, mais nous n’avons pu localiser "Houshall"…Le site des Commonwealth War Graves reprend seulement à son sujet :


Il repose au Hamburg Ohlsdorf Cemetery (Friedhof Ohlsdorf) au nord de Hambourg, Allemagne.


La tombe de Leslie Berry, photographiée par Mike Rogero
(https://billiongraves.com/grave/LF-Berry/5932075)


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters