Dernière mise à jour le 19 mai 2021.
Roy Olman MARTIN / 34407637
Box 563 à Homestead, Floride (adresse militaire : Fort Wayne, Indiana)
Né le 11 septembre 1921 à Homestead, Dade County, Floride, USA/ † le 25 juillet 1975 à Detroit, Wayne County, Michigan, USA.
S/Sgt, USAAF 452 Bomber Group 731 Bomber Squadron, mécanicien mitrailleur dorsal
Lieu d'atterrissage : près de Eindhoven, Pays-Bas.
Boeing B-17G Flying Fortress, 42-107225, 6K+ abattu le 9 août 1944, touché par la Flak lors d'une mission sur Eindhoven.
Écrasé à "De Witte Bergen" à Oirschot, à environ 20 km au NO d' Eindhoven, Pays-Bas.
Durée : 7 semaines
À Bruxelles à la libération le 3 septembre 44
Rapport de perte d'équipage MACR 7388. Rapport d'évasion E&E 2096 disponible en ligne.
L'appareil décolle de Deopham Green, largue ses bombes sur l'objectif et prend le chemin du retour. Il est touché par la Flak au-dessus d'Eindhoven et le rapport d'un témoin dans un avion voisin mentionne qu'il est aperçu en dernier lieu volant à assez basse altitude, sous contrôle, trois moteurs mis en drapeau. Dix parachutes sont observés, tombant assez près d'Eindhoven, tandis que l'appareil continue son vol en virant vers la droite.
Six hommes seront faits prisonniers : le copilote 2nd Lt Timothy Ignatius Ahren, le navigateur 2nd Lt William Paul Farris, le bombardier 2nd Lt George Adamson Blanford, l'opérateur radio S/Sgt Michael Billey, le mitrailleur droit S/Sgt Alexander Peter Jablonski et le mitrailleur arrière S/Sgt William Joseph Kirk.
Outre Roy Martin (la présente fiche), le pilote 2nd Lt Horace Frederick Bradshaw et le mitrailleur ventral Sgt Frank Edgar Doucette parviendront à s'évader. Bradshaw et Doucette sont récupérés par la Résistance locale (secteur Moorsel/Someren), participent à des opérations de sabotage avec eux et se cachent dans des bois près de Lierop à une vingtaine de km à l'Est d'Eindhoven. Le 19 septembre 1944, alors que les troupes alliées approchent, le Sgt Doucette est tué lors d'une tentative de diversion sur des troupes allemandes en retraite. Bradshaw, lui, s'en tire et son rapport d'évasion porte le n° E&E 2284.
Pour ce qui est de Roy Martin, il saute à environ 1.500 m d'altitude, la jambe gauche légèrement touchée par des éclats d'obus, et se tord la cheville en atterrissant. Lors de sa chute, il perd son kit d'évasion et sa pochette contenant l'argent des pays occupés. Son rapport d'évasion ne donne que peu de détails et indique qu'il est resté caché dans différentes maisons en Hollande pendant deux semaines avant de rejoindre Bruxelles en train. Nous savons qu'avant d'arriver à Bruxelles, il a été aidé dans la région de Balen, près de Mol, par le groupe du Colonel Victor NEELS (Section Mol-Postel du MRB).
Selon des renseignements recueillis par Kamiel Mertens, on cite Zosime Émilienne LAFFILI, 41 ans, épouse de François VERSTRAETEN (prisonnier en Allemagne depuis mai 1940), comme ayant aidé Roy Martin, caché chez elle au n° 80 (actuellement n° 84) de la Kwakkelstraat à Turnhout du 17 au 18 août 1944. Note : le prénom de Zosime LAFILI est repris sous différentes orthographes selon les sources : Zozine, Jozine, Josine, mais son acte de naissance établi à Leuven le 17 novembre 1902 reprend bien Zosime.
De chez Zosime LAFILI, toujours selon Kamiel Mertens, Martin aurait été guidé par elle en compagnie de Albert GEVERS (habitant à Mol) de Turnhout à Anvers, puis à Bruxelles, où le rendez-vous était à la Place Communale de Laeken. Là, les "colis" étaient remis à Frédéric DE MEYER (habitant au 102 Rue de la Victoire, a Saint-Gilles-Bruxelles).
Selon un texte d’Arthur Rae, Philip Tweedy, Roy Reading et lui auraient quitté la ferme des PEETERS à Geel le 18 août en compagnie de Madeleine PEETERS et d’un Reme (non-identifiable) qui conduisent les trois hommes à pied jusqu’à la gare de Geel pour prendre un train en direction de Bruxelles. Reme leur procure des tickets, mais ni lui, ni Madeleine, ni un autre guide ne les rejoignent à bord du train. A l’arrêt du train en gare d’Herentals, un jeune homme costaud vient s’asseoir près d’eux. Manifestement au courant à leur propos, il se présente comme le S/Sgt Martin, un aviateur américain également en fuite. Il s’agit bien de notre Roy Martin.
Toujours selon Rae, les évadés, maintenant quatre, poursuivent leur voyage en train depuis Herentals et descendent à une petite gare (celle de Berchem) juste avant d’arriver à Anvers, où ils montent dans le train vers Bruxelles. Sur le quai ils aperçoivent leurs guides à quelque distance, une dame et une très jeune fille. A bord du train, un [ou une] autre guide les prend en charge. Arrivés à une gare à Bruxelles [Rae ne pourrait dire laquelle], ils sont menés en tram pour un court trajet vers la maison d’un journaliste sportif qui a bien pris soin d’eux et chez qui ils passent la nuit . [Nous pensons qu’il doit s’agir de Severin DE MEERSMAN, du 39 Quai au Bois à Brûler à Bruxelles, dont c’était la profession… ]
Rae indique que le lendemain, le journaliste les prend dans une très petite auto Volkswagen [sic] pour les mener à une villa située à Linkebeek, au sud de Bruxelles. Une dame agréable les y accueille. Cette Madame HUZE (non-identifiable) parle très bien anglais et Rae pense sans en être sûr qu’elle avait été mariée à un Canadien, qui n’était pas à la maison. Rae mentionne le passage un jour d’un visiteur parlant un anglais scolaire dont il pense qu’il pourrait être un agent secret. Mme Huze semble le connaître et encourage les évadés à répondre à toutes ses questions. Avant de partir, l’individu fait comprendre qu’ils pourront bientôt prendre le chemin de l’Angleterre.
Rae ne se souvient pas de la durée de leur séjour dans cette villa , qu’ils quittent pour se rendre en tram vers leur cachette suivante. Il signale que l’américain Martin ne les accompagne pas.
L'E&E 2096 mentionne qu'à Bruxelles, Roy Martin reste deux semaines et est logé pendant cette période chez M. et Mme OCKET, au 154 Rue Potagère à Saint-Josse et chez Victor RANDOUR, au 147 Rue du Croissant à Forest. Après la Libération de Bruxelles le 3 septembre 1944, c'est probablement Victor RANDOUR qui l'amènera à l'Hôtel Métropole au centre de la ville, point de rassemblement signalé par la radio pour la remise des évadés aux autorités militaires alliées. Il est interviewé le 14 octobre 1944, vraisemblablement à Paris, et rentre par avion en Angleterre le même jour.