Dernière mise à jour le 19 mai 2021.

Roy READING / 988635
Gardener's House, Bede College, Durham, Oxfordshire, Royaume-Uni
Né le 13 novembre 1921 à Little Milton, Oxford, Royaume-Uni / † en avril 2001.
Sgt, RAF Bomber Command 76 Sqn, mitrailleur dorsal
Lieu d'atterrissage : dans un champ près de Geel, Province d’Anvers / Antwerpen, Belgique.
Avro Lancaster B.III N° série : MZ575 Immatriculation : MP-W, abattu par un chasseur de nuit du III./NJG2 (Oblt Friedrich TOBER) lors de la mission du 12-13 mai 1944 sur la gare de triage de Hasselt.
Ecrasé dans un champ près de Hulshout (Brabant flamand) à 15 km au nord d'Aarschot, Belgique.
Durée : 4 mois.
Caché à Bruxelles jusqu’à la Libération ; contact avec des troupes britanniques le 4 septembre 1944.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion 3324/2599 (disponible).

Le Lancaster décolle à 22h25 de Holme-on-Spalding Moor et est attaqué à 00h37 à hauteur de St Truiden/St Trond à une altitude de 3.800 m. Cinq hommes seront tués : le pilote Fl/Off Jack Newcombe, le copilote/navigateur Nathaniel Leslie Shove, le mécanicien Fl/Off Alan John Crouch, le bombardier Fl/Off Charles Hume Stewart et le mitrailleur arrière Fl/Off Christopher William Saunderson. Tous reposent au cimetière du Schoonselhof à Wilrijk près d'Anvers. L'opérateur radio/mitrailleur Fl/Off Harold Downs Reeder, blessé, sera fait prisonnier.

Seul, Roy Reading parviendra à s'évader. Il atterrit dans un champ près de Geel et se dirige vers un groupe de personnes se trouvant près d’une petite maison. Ces gens le guident vers une ferme où il est caché jusqu’à ce qu’il soit contacté par la Résistance. Son rapport SPG indique succinctement qu’il est resté "dans ce district" pendant 14 semaines et qu’il a été transféré de là vers Bruxelles le 10 août.

Selon le rapport établi le 19 juillet 1948 sur les activités de la Section de Geel, Limbourg du MNB (Mouvement National Belge/Belgisch Nationaal Beweging), que notre ami Michael LeBlanc, chercheur canadien, nous a transmis en mai 2021, Roy Reading fut trouvé par Henri HULSMANS de Leopoldsburg et un CLAES. Il est hébergé jusqu’au mois de juin chez HULSMANS, qui le remet ensuite à CLAES, qui le loge pendant une semaine. Au début du mois de juillet, CLAES le confie à Alphonse MERTENS de Geel.

Le 15 juillet (ou le 8, dans la partie du rapport concernant Roy Reading…), MERTENS a conduit Reading en compagnie de HULSMANS et CLAES chez Marcel et Madeleine PEETERS au 52 Laar à Geel. Reading rencontre là Arthur Rae et le F/Sgt Philip Tweedy, arrivés chez les PEETERS le 8 juillet selon la partie du rapport les concernant…

Le 17 (ou 18) août, Marcel PEETERS, accompagné de Gaston RENAETS (Pastorijstraat à Kasterlee) et d’un RENIERS, conduit les trois aviateurs à la gare de Herentals où ils sont remis à Madame VERSTRAETEN (voir ci-dessous) venue de Turnhout. Le nom de Reading figure dans la liste des aviateurs aidés par Zosime Émilienne LAFILI, 41 ans, chef local du MNB / NBB – Mouvement National Belge / Belgisch Nationale Beweging, épouse de François VERSTRAETEN (prisonnier en Allemagne depuis mai 1940) du n° 80 (actuellement n° 84) de la Kwakkelstraat à Turnhout (renseignements recueillis par Kamiel Mertens). Note : le prénom de Zosime LAFILI est repris sous différentes orthographes selon les sources : Zozine, Jozine, Josine, mais son acte de naissance établi à Leuven le 17 novembre 1902 reprend bien Zosime.

De chez Zosime LAFILI, toujours selon Kamiel Mertens, Reading aurait été guidé par elle en compagnie de Albert GEVERS (habitant à la Korte Begijnenstraat 16 à Mol) de Turnhout à Anvers, puis à Bruxelles, où le rendez-vous était à la Place Communale de Laeken. Là, les "colis" étaient remis à Frédéric DE MEYER (habitant au 102 Rue de la Victoire, à Saint-Gilles-Bruxelles).

Selon un texte d’Arthur Rae, Tweedy, Reading et lui auraient quitté la ferme des PEETERS en compagnie de Madeleine PEETERS et d’un Reme (non-identifiable) qui conduisent les trois hommes à pied jusqu’à la gare de Geel pour prendre un train en direction de Bruxelles. Reme leur procure des tickets, mais ni lui, ni Madeleine, ni un autre guide ne les rejoignent à bord du train. A l’arrêt du train en gare d’Herentals, un jeune homme costaud vient s’asseoir près d’eux. Manifestement au courant à leur propos, il se présente comme le S/Sgt Martin, un aviateur américain également en fuite [il s’agit de Roy Martin.]

Toujours selon Rae, Les évadés, maintenant quatre, poursuivent leur voyage en train depuis Herentals et descendent à une petite gare (celle de Berchem) juste avant d’arriver à Anvers, où ils montent dans le train vers Bruxelles. Sur le quai ils aperçoivent leurs guides à quelque distance, une dame et une très jeune fille. A bord du train, un [ou une] autre guide les prend en charge. Arrivés à une gare à Bruxelles [Rae ne pourrait dire laquelle], ils sont menés en tram pour un court trajet vers la maison d’un journaliste sportif qui a bien pris soin d’eux et chez qui ils passent la nuit . [Nous pensons qu’il doit s’agir de Severin DE MEERSMAN, du 39 Quai au Bois à Brûler à Bruxelles, dont c’était la profession…]

Rae indique que le lendemain, le journaliste les prend dans une très petite auto Volkswagen [sic] pour les mener à une villa située à Linkebeek, au sud de Bruxelles. Une dame agréable les y accueille. Cette Madame HUZE (non-identifiable) parle très bien anglais et Rae pense sans en être sûr qu’elle avait été mariée à un Canadien, qui n’était pas à la maison. Rae mentionne le passage un jour d’un visiteur parlant un anglais scolaire dont il pense qu’il pourrait être un agent secret. Mme Huze semble le connaître et encourage les évadés à répondre à toutes ses questions. Avant de partir, l’individu fait comprendre qu’ils pourront bientôt prendre le chemin de l’Angleterre.

Rae ne se souvient pas de la durée de leur séjour dans cette villa , qu’ils quittent pour se rendre en tram vers leur cachette suivante. L’américain Roy Martin ne les accompagne pas. Le groupe arrive à un café "Le Coq d’Or, in Uccle" où ils sont accueillis par le propriétaire Jean VAN HOEF. [Il s’agit non pas du Coq d’Or, mais bien du café "Au Château d’Or Chez Léonard", tenu par Madame Veuve Léonard VAN HOEF au 1084 Chaussée d’Alsemberg à Uccle – repris dans l’Almanach de Bruxelles, éditions 1939 et 1946-47. Jean doit être le fils et est repris à la Liste des Helpers Belges à cette adresse.]


Le "Château d’Or", carte postale ancienne
(source : https://belgique-insolite-et-occulte.blogspot.com/)

Le café est grand et fréquenté aussi bien par les locaux que par les Allemands. Les évadés doivent donc se cacher à l’étage pendant les heures d’ouverture, ne pouvant jouir d’un peu de liberté qu’en soirée. Bien nourris…et amplement servis en bières, leur séjour chez les VAN HOEF se passe bien. On leur donne de nouvelles cartes d’identité, de meilleure qualité. Vient alors le moment d’un autre déplacement, qui s’avérera être le dernier. Rae, Tweedy et Reading sont menés en tram pour être logés au 4ème étage d’un immeuble à appartements à Ixelles, chez Madame Helene Bee, une Danoise dont le mari avait été envoyé pour travail forcé en Allemagne. Selon Rae, Roy Reading les quitte là, étant emmené par une séduisante femme médecin. [Nous n’avons pu identifier ni Mme Bee, ni la doctoresse…].

Les archives du Groupe EVA renseignent Roy Reading comme ayant été pris en charge par eux via Max BOURDILLOUD en vue de le faire rejoindre un camp "Marathon" dans les Ardennes belges, mais il n’y figure aucun détail quant à son parcours entre la région de Hulshout et Bruxelles. A noter que « Max » est en fait Charles F. BOURDILLOUD, du 26 Avenue Alexandre Bertrand à Forest-Bruxelles. Arrêté à la Chaussée de Bruxelles, à Wavre le 6 août 1944, par des rexistes, collaborateurs belges pro-Nazis, accompagnés d’un officier allemand, Oskar Schmidt, en même temps qu’Alphonse BOSCH, bourgmestre de Wavre, Georges JANCART de Wavre et Paul Louis VAN HUMBEEK de La Hulpe. Tous quatre ont alors été emmenés en voiture dans le Bois du Val à la sortie de Wavre où ils ont été abattus. Un monument a été érigé à leur mémoire le long de la Chaussée de Huy (Bois des Neulettes, sur la route vers Dion-Valmont).

Roy Reading termine son rapport en disant qu’il a été à la rencontre de troupes britanniques à Bruxelles le 4 septembre. Il quitte Paris le 7 septembre pour rentrer par avion le même jour en Angleterre, atterrissant à Hendon.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters